Validation des réflectances de surface de SPOT4 (Take5) sur la Crau, avec la station ROSAS du CNES

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Sur la plaine de Crau, en Provence, le CNES a mis en place une station automatique de mesure des conditions atmosphériques et des réflectances de surface. Cette station, nommée ROSAS (RObotic Station for Atmosphere and Surface), est installée au sommet d'un mât de 10 mètres, et est équipée d'un instrument CIMEL analogue à ceux du réseau AERONET qui servent à caractériser l'atmosphère, mais modifié pour observer aussi le sol. L'objectif initial de cette station était de vérifier l'étalonnage absolu des instruments en orbite, pour les satellites à haute résolution (car l'uniformité du site n'est pas suffisante pour les capteurs à résolution kilométrique). Mais cette station peut aussi être utilisée pour valider les réflectances de surface fournies dans les produits de niveau 2A
.

C'est le travail qu'ont effectué des collègues du CNES, Vincent Lonjou, Sébastien Marcq et Aimé Meygret, à partir des produits de niveau 2A issus de l'expérience SPOT4 (Take5).

 

La station Rosas effectue un cycle de mesure toutes les 90 minutes, caractérisant successivement le rayonnement descendant (et donc l'atmosphère), puis le rayonnement montant provenant de la surface. Le rapport des deux permet de calculer la réflectance de surface. Le processus est un peu plus complexe que ce que je décris ici, car il faut tenir compte de la non-uniformité de la surface autour du mât, et des variations directionnelles des réflectances. Un modèle bidirectionnel des réflectances de surface est donc ajusté sur les mesures, et ce modèle permet de prédire les réflectances que doit mesurer le satellite.

 

B1 (vert)

B2 (rouge)

L'instrument disposait, lors de l'expérience SPOT4 (Take5) des longueurs d'ondes du tableau ci-dessous. Il est en cours de modification pour ajouter de nouvelles bandes spectrales, notamment dans le proche infra-rouge, dont l'échantillonnage n'était pas suffisant, et en préparation des activités d'étalonnage et de validation des satellites Sentinel-2 et Venµs.

Band λ (nm), detector
1 1020Si
2 1600 InGaAs
3 870 Si
4 670 Si
5 440 Si
6 550 Si
7 1020 InGaAs
8 937 Si
9 380 Si
10 740 Si

B3 - PIR (symboles clairs pour SPOT4, sombres pour ROSAS)

 

B4 - MIR (symboles clairs pour SPOT4, sombres pour ROSAS)

On note que l'accord entre les réflectances de surface obtenues avec la station ROSAS et celles issues des produits de niveau 2A de SPOT4 (Take5) est excellent, dans toutes les bandes sauf dans le proche infra-rouge : mieux que 5% en B1, B2, B4 et 7-8% en B3. Les différences observées dans le proche infra-rouge sont en cours d'investigation et pourraient être liées à l'interpolation spectrale, la bande spectrale de SPOT4 étant très éloignée de celle de ROSAS.

 

On peut remarquer aussi les variations plus importantes des réflectances de surface dans le moyen infra-rouge, avec de fortes baisses de la réflectance observées après des pluies. On peut en déduire que les données optiques multi-temporelles acquises sous des angles constants pourraient être utilisées pour détecter des variations de l'humidité superficielle des sols, au moins quand la couverture végétale n'est pas très importante, comme c'est le cas sur la prairie clairsemée de la Crau. Dans les autres bandes spectrales les variations dues à l'humidité des sols sont bien moins prononcées, et c'est surtout la grande stabilité des réflectances avec le temps qui doit être notée, grâce aux angles de visée constants et à une bonne correction des effets atmosphériques.

 

Un poster a été présenté par AImé Meygret au colloque "Sentinel2 for science" à Frascati au mois de mai 2014.

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Posted under: En Français, SPOT4 (Take 5), Validation, Venµs

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