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Début 2012, la situation de sécheresse...

La France a connu des records de sécheresse en 2011,

L'année 2011 est pour l'instant l'une des dix années les plus sèches depuis cinquante ans, elle avait été marquée par une sécheresse printanière exceptionnelle (printemps le plus sec depuis 300 ans en France), puis par un automne particulièrement sec également De plus, cette année 2011 a été l'année la plus chaude en France depuis le début du XXe siècle, avec des températures moyennes à l'échelle nationale de 13,6 degrés, supérieures de 1,5 degré à la normale (Météo France).

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        Les quais de la Garonne à Toulouse en octobre 2011.

En ce début d’année 2012, la France, accuse de nouveau un déficit pluviométrique, notamment dans l’Ouest et le Sud-Ouest, et montre des signes de sécheresse en Languedoc-Roussillon.

En ce début d’année 2012

le Sud-Ouest accuse un fort déficit pluviométrique en ce début d'année après un printemps 2011 historiquement sec. Depuis que les relevés météo existent, c'est à dire depuis 1946, l'hiver 2012 figure parmi les quatre hivers les plus secs. C'est dans la Haute-Garonne, le Tarn et le Tarn-et-Garonne que la sécheresse se fait le plus sentir. Après un printemps 2011 historiquement sec, et un mois de février 2012 «extrêmement sec», le phénomène de sécheresse est de plus en plus préoccupant en France.

Selon le dernier relevé du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), 89% des nappes phréatiques affichent désormais un niveau «inférieur à la normale».

Le premier Comité sécheresse de l'année s'est réuni au ministère de l'Agriculture pour faire le point sur la situation, alors qu'une sécheresse historique a frappé l'Hexagone au printemps 2011. Au 1er avril 2012, 89% des réservoirs d'eau affichaient un niveau inférieur à la normale, contre 58% l'année dernière à la même époque, selon le BRGM. Près de 40% des réservoirs ont vu leur niveau baisser depuis le mois de mars.

La région toulousaine a connu en mars un déficit pluviométrique de 60% par rapport à la normale en mars 2012 et les sept mois de septembre à mars ont été les plus secs sur le département de Haute-Garonne depuis le record de 1948/1949 (Météo France ).
Les températures maximales ont été en moyenne de 17,6 degrés, tout près du record de 18 degrés atteint en 1997 alors que la normale est de 14 degrés.

le déficit en pluies efficaces dépassent 50% dans les plaines de Midi-Pyrénées et atteint même plus de 75% du nord de la Haute-Garonne à l'ouest du Tarn, au sud de Tarn-et-Garonne et à l'est du Gers. Au total, près de 90% des nappes phréatiques en France affichent un niveau inférieur à la normale, en raison des faibles pluies tombées cet hiver.

La quantité d'eau tombée sur la région toulousaine en mars s'est limitée à 20 litres par mètre carré (soit 2 centimètres de pluie). De septembre à mars, qui constitue "la période de recharge" des réserves d'eau, le cumul des précipitations à Toulouse n'a atteint que 168 litres, soit un déficit de 54% par rapport à la normale.
La sécheresse est d'autant plus sensible que "les températures ont atteint un niveau estival le 15 mars" de 24 à 25 degrés en région toulousaine.
Février avait été au contraire très froid avec un déficit de 10 degrés par rapport à la normale, mais avait lui aussi été très sec (6 l/m2).
A l'échelle nationale, Météo France estimait au 26 mars que le déficit de précipitations était d'environ 50% sur le mois, après un déficit pluviométrique global de 20% entre septembre et fin février.

Entre novembre 2011 et février 2012, et par rapport à la moyenne 2011-2000, le déficit des pluies est supérieur à 50% dans le Languedoc-Roussillon et en Midi-Pyrénées. image

En constatant les débits actuels sur la Garonne, on s'aperçoit qu'on se situe à des débits très inférieurs à l'an passé : 200 m3 par seconde dans l'Agenais contre 300 m3 en 2011 à pareille époque, soit un tiers d'eau en moins.

En février 2011, on se rapprochait déjà des records absolus de faibles débits observés depuis 40 ans. Cette fois, on est encore plus bas avec le risque de pulvériser les anciens records si la fonte des neiges ne vient pas alimenter à temps la Garonne

Une chaleur exceptionnellement précoce et durable

Autre phénomène aggravant : la chaleur, exceptionnellement précoce et durable en seconde quinzaine de mars. Du jamais vu depuis les premiers relevés météo à la fin du XVIIIe siècle en France ! Cette chaleur, associée parfois à un vent sensible, a accéléré le dessèchement des sols en surface (hausse rapide de l'évapotranspiration potentielle) et réveillé précocement la végétation (qui va donc boire le peu d'eau attendue ces prochains jours) déjà en état de stress hydrique. Il s'agit donc d'un facteur aggravant, au même titre que la vague de froid sec de février.

Taux d'ensoleillement pour mars 2012 par rapport à la norme 1970-2000 en France (norme = 100%). (© MeteoNews)

 

L'été trop chaud a aggravé la sécheresse....

Nous venons encore de vivre un des étés les plus chauds de ces 65 dernières années. Une situation qui a aggravé la sécheresse. Les cours d'eau sont au plus bas. Pour la Garonne, la situation devient préoccupante. Et les réserves des Pyrénées s'épuisent…

La Garonne est basse, très basse. Son débit est très faible. Il flirte sans arrêt avec ce que l'on appelle le seuil d'alerte, descendant même parfois jusqu'au seuil de crise. Pour que la Garonne se porte bien, son débit doit au minimum être de 50 mètres cubes par seconde à Toulouse. Ces derniers jours, on est entre 30 et 40. «C'est une situation très préoccupante» constate Bernard Leroy, du Syndicat mixte d'aménagement de la Garonne, le Smeag. La Dordogne, le Lot, le Tarn, l'Adour ont aussi atteint par moments des débits inférieurs au débit de crise. L'agence de Bassin Adour-Garonne parle de situation critique…

La faute à qui ? A la météo, en grande partie. «Nous avons connu un important déficit en pluie, comme par exemple dans le Lot où l'on note de 40 à 50 % de précipitation en moins pendant l'été», note Didier Roquecave de la communication de Météo-France.

Réserves presque vides

Ce qui est très inquiétant aussi, c'est que les réserves s'épuisent. Près de 80 % des stocks ont déjà été utilisés !

Une bonne nouvelle : l'irrigation, déjà limitée, se termine ces jours-ci.

 

 

Eléments ressources


Bilan de l'hiver 2011-2012
Bilan de l'hiver 2011-2012 (Météo France).
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Etat des nappes d'eau souterraine au 1er août 2012
(BRGM).
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Suivi hydrologique
bilan au 1er septembre 2012 (Météo France).
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Situation hydro-climatique : 23/08/2012
Agence de l'eau Adour-Garonne
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"Le climat méditerranéen grimpe vers Lyon"
Blog "Sciences" du 19 mars 2012 (Libération).
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"La sécheresse hivernale frappe les agriculteurs européens"
Bioaddict.fr du 19 mars 2012
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"Sécheresse confirmée en France"
Blog "Sciences" du 27 mars 2012 (Libération).
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"La France entre sécheresse et inondation"
Meteonews du 23 mai 2012
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"Météo : un mois de juin constrasté Nord/Sud"
Blog "Sciences" 30 juin 2012 (Libération).
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